Chicot allait s'élancer hors de la cellule, quand, tout à coup, la porte en fut obstruée par une masse informe qui se vautra à ses pieds en s'arrachant des poignées de cheveux tout autour de la tête.
—Ah! misérable que je suis! s'écriait le moine. Oh! mon bon seigneur
Chicot, pardonnez-moi! pardonnez-moi!
Comment Gorenflot, qui était parti le premier, revenait-il seul quand déjà il eût dû être bien loin?
Voilà la question qui se présenta tout naturellement à la pensée de
Chicot.
—Oh! mon bon monsieur Chicot, cher seigneur, à moi! continuait de hurler Gorenflot; pardonnez à votre indigne ami, qui se repent et fait amende honorable à vos genoux.
—Mais, demanda Chicot, comment ne t'es-tu pas enfui avec les autres, drôle?
—Parce que je n'ai pas pu passer par où passent les autres, mon bon seigneur; parce que le Seigneur, dans sa colère, m'a frappé d'obésité. Oh! malheureux ventre! oh! misérable bedaine! criait le moine en frappant de ses deux poings la partie qu'il apostrophait. Ah! que ne suis-je mince comme vous, monsieur Chicot! Que c'est beau et surtout que c'est heureux d'être mince!
Chicot ne comprenait absolument rien aux lamentations du moine.
—Mais les autres passent donc quelque part? s'écria Chicot d'une voix de tonnerre; les autres s'enfuient donc?
—Pardieu! dit le moine, que voulez-vous qu'ils fassent? qu'ils attendent la corde? Oh! malheureux ventre!