— Permettez, mon gentilhomme, dit René de sa voix grave et en posant sa main sur celle de Coconnas, les visiteurs qui me font l'honneur d'entrer ici n'ont la jouissance que de cette partie de la chambre.
— Ah! c'est différent, reprit Coconnas; et, d'ailleurs, je sens que j'ai besoin de m'asseoir. Et il se laissa aller sur une chaise.
Il se fit un instant de profond silence: maître René attendait que l'un ou l'autre des deux jeunes gens s'expliquât. Pendant ce temps, on entendait la respiration sifflante de Coconnas, encore mal guéri.
— Maître René, dit-il enfin, vous êtes un habile homme, dites-moi donc si je demeurerai estropié de ma blessure, c'est-à-dire si j'aurai toujours cette courte respiration qui m'empêche de monter à cheval, de faire des armes et de manger des omelettes au lard.
René approcha son oreille de la poitrine de Coconnas, et écouta attentivement le jeu des poumons.
— Non, monsieur le comte, dit-il, vous guérirez.
— En vérité?
— Je vous l'affirme.
— Vous me faites plaisir. Il se fit un nouveau silence.
— Ne désirez-vous pas savoir encore autre chose, monsieur le comte?