Le duc de Guise fronça le sourcil.
— Sire, répliqua le Béarnais, on parle d'une entreprise sur les Flandres, et je réunis autour de moi tous ceux de mon pays et des environs que je crois pouvoir être utiles à Votre Majesté.
Le duc, se rappelant le projet dont le Béarnais avait parlé à
Marguerite le jour de ses noces, écouta plus attentivement.
— Bon! bon! répondit le roi avec son sourire fauve, plus il y en aura, plus nous serons contents; amenez, amenez, Henri. Mais qui sont ces gentilshommes? des vaillants, j'espère?
— J'ignore, Sire, si mes gentilshommes vaudront jamais ceux de Votre Majesté, ceux de monsieur le duc d'Anjou ou ceux de monsieur de Guise, mais je les connais et sais qu'ils feront de leur mieux.
— En attendez-vous beaucoup?
— Dix ou douze encore.
— Vous les appelez?
— Sire, leurs noms m'échappent, et, à l'exception de l'un d'eux, qui m'est recommandé par Téligny comme un gentilhomme accompli et qui s'appelle de la Mole, je ne saurais dire…
— De la Mole! n'est-ce point un Lerac de La Mole, reprit le roi fort versé dans la science généalogique, un Provençal?