— Oui, peut-être.

— Allez-y; ce sera d'un bon exemple, et demain vous me donnerez de ses nouvelles.

— J'irai donc, madame, puisque vous approuvez cette démarche.

— Moi, dit Catherine, je n'approuve rien… Mais qui va là?…
Renvoyez, renvoyez.

Henri fit un pas vers la porte pour exécuter l'ordre de Catherine; mais au même instant la tapisserie se souleva, et madame de Sauve montra sa tête blonde.

— Madame, dit-elle, c'est René le parfumeur, que Votre Majesté a fait demander. Catherine lança un regard aussi prompt que l'éclair sur Henri de Navarre.

Le jeune prince rougit légèrement, puis presque aussitôt pâlit d'une manière effrayante. En effet, on venait de prononcer le nom de l'assassin de sa mère. Il sentit que son visage trahissait son émotion, et alla s'appuyer sur la barre de la fenêtre.

La petite levrette poussa un gémissement. Au même instant deux personnes entraient, l'une annoncée et l'autre qui n'avait pas besoin de l'être. La première était René, le parfumeur, qui s'approcha de Catherine avec toutes les obséquieuses civilités des serviteurs florentins; il tenait une boîte, qu'il ouvrit, et dont on vit tous les compartiments remplis de poudres et de flacons.

La seconde était madame de Lorraine, soeur aînée de Marguerite. Elle entra par une petite porte dérobée qui donnait dans le cabinet du roi et, toute pâle et toute tremblante, espérant n'être point aperçue de Catherine qui examinait avec madame de Sauve le contenu de la boîte apportée par René, elle alla s'asseoir à côté de Marguerite, près de laquelle le roi de Navarre se tenait debout, la main sur le front, comme un homme qui cherche à se remettre d'un éblouissement.

En ce moment Catherine se retourna.