— J'en suis sûre.

— Alors, il nous échappe?

— Oui, dit Catherine.

— Et vous le laissez partir?

— Non seulement je le laisse partir, mais je vous dis plus, il faut qu'il parte.

— Je ne vous comprends pas, ma mère.

— Écoutez bien ce que je vais vous dire, François. Un médecin très habile, le même qui m'a remis le livre de chasse que vous allez lui porter, m'a affirmé que le roi de Navarre était sur le point d'être atteint d'une maladie de consomption, d'une de ces maladies qui ne pardonnent pas et auxquelles la science ne peut apporter aucun remède. Or, vous comprenez que s'il doit mourir d'un mal si cruel, il vaut mieux qu'il meure loin de nous que sous nos yeux, à la cour.

— En effet, dit le duc, cela nous ferait trop de peine.

— Et surtout à votre frère Charles, dit Catherine; tandis que lorsque Henri mourra après lui avoir désobéi, le roi regardera cette mort comme une punition du ciel.

— Vous avez raison, ma mère, dit François avec admiration, il faut qu'il parte. Mais êtes-vous bien sûre qu'il partira?