Cornélius pâlit.

—Et cela, continua Gryphus, à partir d'aujourd'hui. Puisque tu es si bon sorcier, voyons, change en pain les meubles de ta chambre; quant à moi, je gagnerai tous les jours les dix-huit sous que l'on me donne pour ta nourriture.

—Mais c'est un assassinat! s'écria Cornélius, emporté par un premier mouvement de terreur bien compréhensible, et qui lui était inspiré par cet horrible genre de mort.

—Bon, continua Gryphus le raillant, bon puisque tu es sorcier, tu vivras malgré tout.

Cornélius reprit son air riant, et haussa les épaules:

—Est-ce que tu ne m'as pas vu faire venir ici les pigeons de Dordrecht?

—Eh bien?... dit Gryphus.

—Eh bien! c'est un joli rôti que le pigeon; un homme qui mangerait un pigeon tous les jours ne mourrait pas de faim, ce me semble?

—Et du feu? dit Gryphus.

—Du feu! mais tu sais bien que j'ai fait un pacte avec le diable. Penses-tu que le diable me laissera manquer de feu quand le feu est son élément?