—Misérable! dit Maurice.
—Et toi aussi? dit Simon. Mais je suis donc entouré de traîtres?
—Ah! coquin, dit le municipal en saisissant Simon à la gorge et en lui arrachant sa lanière des mains; essaye un peu de prouver que Maurice Lindey est un traître.
Et il fit tomber rudement la courroie sur les épaules du savetier.
—Merci, monsieur, dit l'enfant, qui regardait stoïquement cette scène; mais c'est sur moi qu'il se vengera.
—Viens, Capet, dit Lorin, viens, mon enfant; s'il te bat encore, appelle à l'aide, et l'on ira le châtier, ce bourreau. Allons, allons, petit Capet, rentre dans ta tour.
—Pourquoi m'appelez-vous Capet, vous qui me protégez? dit l'enfant. Vous savez bien que Capet n'est pas mon nom.
—Comment, ce n'est pas ton nom? dit Lorin. Comment t'appelles-tu?
—Je m'appelle Louis-Charles de Bourbon. Capet est le nom d'un de mes ancêtres. Je sais l'histoire de France; mon père me l'a apprise.
—Et tu veux apprendre à faire des savates à un enfant à qui un roi a appris l'histoire de France? s'écria Lorin. Allons donc!