Quant à Maurice, le sourcil froncé, la lèvre dédaigneusement relevée, le sabre hors du fourreau, il restait irrésolu entre ses sentiments d'homme qui lui ordonnaient de défendre cette femme, et ses devoirs de citoyen qui lui conseillaient de la livrer.

Tout à coup, au coin de la rue des Bons-Enfants, on vit briller l'éclair de plusieurs canons de fusil, et l'on entendit la marche mesurée d'une patrouille qui, apercevant un rassemblement, fit halte à dix pas à peu près du groupe, et, par la voix de son caporal, cria: «Qui vive?»

—Ami! cria Maurice; ami! Avance ici, Lorin. Celui auquel cette injonction était adressée se remit en marche et, prenant la tête, s'approcha vivement, suivi de huit hommes.

—Eh! c'est toi, Maurice, dit le caporal. Ah! libertin! que fais-tu dans les rues à cette heure?

—Tu le vois, je sors de la section des Frères et Amis.

—Oui, pour te rendre dans celle des sœurs et amies; nous connaissons cela.

Apprenez, ma belle,
Qu'à minuit sonnant,
Une main fidèle,
Une main d'amant,
Ira doucement,
Se glissant dans l'ombre,
Tirer les verrous,
Qui, dès la nuit sombre
Sont poussés sur vous.

Hein! n'est-ce pas cela?

—Non, mon ami, tu te trompes; j'allais rentrer directement chez moi lorsque j'ai trouvé la citoyenne qui se débattait aux mains des citoyens volontaires; je suis accouru et j'ai demandé pourquoi on la voulait arrêter.

—Je te reconnais bien là, dit Lorin.—Des cavaliers français tel est le caractère.