—C'est un prétexte, dit Geneviève en baissant les yeux.
—Ah! fit Dixmer. Puis, après un moment de silence, retirant de son gilet et appuyant sur le dossier de la chaise de sa femme une main avec laquelle il venait de comprimer les battements de son cœur:
—Rendez-moi un service, chère amie, fit Dixmer.
—Et lequel? demanda Geneviève en se retournant étonnée.
—Prévenez jusqu'à l'ombre d'un danger; Maurice est peut-être plus avant dans nos secrets que nous ne le soupçonnons. Ce que vous croyez un prétexte est peut-être une réalité. Écrivez-lui un mot.
—Moi? fit Geneviève en tressaillant.
—Oui, vous; dites-lui que c'est vous qui avez ouvert la lettre et que vous désirez en avoir l'explication; il viendra, vous l'interrogerez et vous devinerez très facilement alors de quoi il est question.
—Oh! non, certes, s'écria Geneviève, je ne puis faire ce que vous dites; je ne le ferai pas.
—Chère Geneviève, quand des intérêts aussi puissants que ceux qui reposent sur nous sont en jeu, comment reculez-vous devant de misérables considérations d'amour-propre?
—Je vous ai dit mon opinion sur Maurice, monsieur, répondit Geneviève; il est honnête, il est chevaleresque, mais il est capricieux, et je ne veux pas subir d'autre servitude que celle de mon mari.