—Laisse-moi, Lorin, je ne puis, je ne veux pas sortir; je suis au lit et j'y reste. Lorin se gratta l'oreille.
—Bon! dit-il, je vois ce que c'est.
—Et que vois-tu?
—Je vois que tu attends la déesse Raison.
—Corbleu! s'écria Maurice, les amis spirituels sont bien gênants; va-t'en, ou je te charge d'imprécations, toi et ta déesse.
—Charge, charge.... Maurice levait la main pour maudire, lorsqu'il fut interrompu par son officieux, qui entrait en ce moment, tenant une lettre pour le citoyen son frère.
—Citoyen Agésilas, dit Lorin, tu entres dans un mauvais moment; ton maître allait être superbe.
Maurice laissa retomber sa main, qu'il étendit nonchalamment vers la lettre; mais à peine l'eût-il touchée qu'il tressaillit, et, l'approchant avidement de ses yeux, dévora du regard l'écriture et le cachet, et, tout en blêmissant, comme s'il allait se trouver mal, rompit le cachet.
—Oh! oh! murmura Lorin, voici notre intérêt qui s'éveille, à ce qu'il paraît.
Maurice n'écoutait plus, il lisait avec toute son âme les quelques lignes de Geneviève. Après les avoir lues, il les relut deux, trois, quatre fois; puis il s'essuya le front et laissa retomber ses mains, regardant Lorin comme un homme hébété.