—Voyez-vous, lui dit-elle en traversant le jardin et en montrant à Maurice les œillets qu'on avait apportés à l'air dans une caisse d'acajou, pour les ressusciter, s'il était possible; voyez-vous, mes fleurs sont mortes.
—Qui les a tuées? Votre négligence, dit Maurice. Pauvres œillets!
—Ce n'est point ma négligence, c'est votre abandon, mon ami.
—Cependant elles demandaient bien peu de chose, Geneviève, un peu d'eau, voilà tout; et mon départ a dû vous laisser bien du temps.
—Ah! dit Geneviève, si les fleurs s'arrosaient avec des larmes, ces pauvre œillets, comme vous les appelez, ne seraient pas morts.
Maurice l'enveloppa de ses bras, la rapprocha vivement de lui, et, avant qu'elle eût eu le temps de se défendre, il appuya ses lèvres sur l'œil moitié souriant, moitié languissant, qui regardait la caisse ravagée.
Geneviève avait tant de choses à se reprocher, qu'elle fut indulgente. Dixmer revint tard, et, lorsqu'il revint, il trouva Morand, Geneviève et Maurice qui causaient botanique dans le jardin.