À onze heures, Santerre arriva. Son arrivée fut, comme à l'ordinaire, annoncée par les tambours qui battirent aux champs, et par l'entrée du nouveau bataillon et des nouveaux municipaux qui venaient relever ceux dont la garde finissait.
Quand Santerre eut inspecté le bataillon sortant et le bataillon entrant, lorsqu'il eut fait parader son lourd cheval aux membres trapus dans la cour du Temple, il s'arrêta un instant: c'était le moment où ceux qui avaient à lui parler lui adressaient leurs réclamations, leur dénonciations ou leurs demandes.
Le municipal profita de cette halte pour s'approcher de lui.
—Que veux-tu? lui dit brusquement Santerre.
—Citoyen, dit le municipal, je viens te dire de la part de la reine...
—Qu'est-ce que cela, la reine? demanda Santerre.
—Ah! c'est vrai, dit le municipal, étonné lui-même de s'être laissé entraîner.
—Qu'est-ce que je dis donc là, moi? Est-ce que je suis fou? Je viens te dire de la part de madame Veto...
—À la bonne heure, dit Santerre, comme cela je comprends. Eh bien, que viens-tu me dire? Voyons.
—Je viens te dire que la petite Veto est malade, à ce qu'il paraît, faute d'air et de mouvement.