—Il trouvait que c'était bien de l'honneur pour lui.

—Voyons? dit Maurice d'une voix étranglée, que décidons-nous?

—Nous décidons, dit l'homme de la police, que nous allons le prendre dans sa chambre, et peut-être même dans son lit.

—Il ne se doute donc de rien?

—De rien absolument.

—Quelle est la disposition du terrain? demanda Lorin.

—Nous en avons un plan parfaitement exact, dit l'homme gris: un pavillon situé à l'angle du jardin, le voilà; on monte quatre marches, les voyez-vous d'ici? on se trouve sur un palier; à droite, la porte de l'appartement de la citoyenne Dixmer: c'est sans doute celui dont nous voyons la fenêtre. En face de la fenêtre, au fond, une porte donnant sur le corridor, et, dans ce corridor, la porte de la chambre du traître.

—Bien, voilà une topographie un peu soignée, dit Lorin: avec un plan comme celui-là on peut marcher les yeux bandés, à plus forte raison les yeux ouverts. Marchons donc.

—Les rues sont-elles bien gardées? demanda Maurice avec un intérêt que tous les assistants attribuèrent naturellement à la crainte que le chevalier ne s'échappât.

—Les rues, les passages, les carrefours, tout, dit l'homme gris; je défie qu'une souris passe si elle n'a point le mot d'ordre.