Maurice frissonna; tant de précautions prises lui faisaient craindre que sa trahison ne fût inutile à son bonheur.

—Maintenant, dit l'homme gris, combien demandez-vous d'hommes pour arrêter le chevalier?

—Combien d'hommes? dit Lorin, j'espère bien que Maurice et moi nous suffirons; n'est-ce pas, Maurice?

—Oui, balbutia celui-ci, certainement que nous suffirons.

—Écoutez, dit l'homme de la police, pas de forfanteries inutiles; tenez-vous à le prendre?

—Morbleu! si nous y tenons, s'écria Lorin, je le crois bien! N'est-ce pas, Maurice, qu'il faut que nous le prenions?

Lorin appuya sur ce mot. Il l'avait dit, un commencement de soupçons commençait à planer sur eux, et il ne fallait pas laisser le temps aux soupçons, lesquels marchaient si vite à cette époque-là, de prendre une plus grande consistance; or, Lorin comprenait que personne n'oserait douter du patriotisme de deux hommes qui seraient parvenus à prendre le chevalier de Maison-Rouge.

—Eh bien! dit l'homme de la police, si vous y tenez réellement, prenons plutôt avec nous trois hommes que deux, quatre que trois; le chevalier couche toujours avec une épée sous son traversin et deux pistolets sur sa table de nuit.

—Eh morbleu! dit un des grenadiers de la compagnie de Lorin, entrons tous, pas de préférence pour personne; s'il se rend, nous le mettrons en réserve pour la guillotine; s'il résiste, nous l'écharperons.

—Bien dit, fit Lorin; en avant! Passons-nous par la porte ou par la fenêtre?