L'officieux entra et referma mystérieusement la porte.
—C'est le citoyen Lorin, dit-il.
—Ah! ce cher Lorin, dit Maurice; je vais aller le congédier. Pardon, Geneviève. Geneviève l'arrêta.
—Congédier votre ami, Maurice! dit-elle; un ami, un ami qui vous a consolé, aidé, soutenu? Non, je ne veux pas plus chasser un tel ami de votre maison que de votre cœur; qu'il entre, Maurice, qu'il entre.
—Comment, vous permettez?... dit Maurice.
—Je le veux, dit Geneviève.
—Oh! mais vous trouvez donc que je ne vous aime pas assez, s'écria Maurice ravi de cette délicatesse, et c'est de l'idolâtrie qu'il vous faut?
Geneviève tendit son front rougissant au jeune homme; Maurice ouvrit la porte, et Lorin entra, beau comme le jour dans son costume de demi-muscadin. En apercevant Geneviève, il manifesta une surprise à laquelle succéda aussitôt un respectueux salut.
—Viens, Lorin, viens, dit Maurice, et regarde madame. Tu es détrôné, Lorin; il y a maintenant quelqu'un que je te préfère. J'eusse donné ma vie pour toi; pour elle, je ne t'apprends rien de nouveau, Lorin, pour elle, j'ai donné mon honneur.
—Madame, dit Lorin avec un sérieux qui accusait en lui une émotion bien profonde, je tâcherai d'aimer plus que vous Maurice, pour que lui ne cesse pas de m'aimer tout à fait.