—Oh! vous allez me tuer! s'écria Geneviève. Dixmer la regarda avec un sourire effrayant.
—Tuer une femme innocente! Oh! madame, que dites-vous donc là? Il faut que le chagrin que vous a inspiré mon absence vous ait fait perdre l'esprit.
—Monsieur, s'écria Geneviève, monsieur, je vous demande à mains jointes de me tuer plutôt que de me torturer par de si cruelles railleries. Non, je ne suis pas innocente; oui, je suis criminelle; oui, je mérite la mort. Tuez-moi, monsieur, tuez-moi!...
—Alors, vous avouez que vous méritez la mort?
—Oui, oui.
—Et que, pour expier je ne sais quel crime dont vous vous accusez, vous subirez cette mort sans vous plaindre?
—Frappez, monsieur, je ne pousserai pas un cri; et, au lieu de la maudire, je bénirai la main qui me frappera.
—Non, madame, je ne veux pas vous frapper; cependant vous mourrez, c'est probable. Seulement, votre mort, au lieu d'être ignominieuse, comme vous pourriez le craindre, sera glorieuse à l'égal des plus belles morts. Remerciez-moi, madame, je vous punirai en vous immortalisant.
—Monsieur, que ferez-vous donc?
—Vous poursuivrez le but vers lequel nous tendions quand nous avons été interrompus dans notre route. Pour vous et pour moi, vous tomberez coupable; pour tous, vous mourrez martyre.