—Non, madame, répliqua Sanson; j'ai ordre de venir. Ces paroles dites, il fit encore un pas vers la reine. Tout dans cet homme, et dans ce moment, était expressif et terrible.

—Ah! je comprends, dit la prisonnière, vous voulez me couper les cheveux?

—C'est nécessaire, madame, répondit l'exécuteur.

—Je le savais, monsieur, dit la reine, et j'ai voulu vous épargner cette peine. Mes cheveux sont là, sur cette table. Sanson suivit la direction de la main de la reine.

—Seulement, continua-t-elle, je voudrais qu'ils fussent remis ce soir à mes enfants.

—Madame, dit Sanson, ce soin ne me regarde pas.

—Cependant, j'avais cru...

—Je n'ai à moi, reprit l'exécuteur, que la dépouille des... personnes... leurs habits, leurs bijoux, et encore lorsqu'elles me les donnent formellement; autrement tout cela va à la Salpêtrière, et appartient aux pauvres des hôpitaux; un arrêté du comité de Salut public a réglé les choses ainsi.

—Mais enfin, monsieur, demanda en insistant Marie-Antoinette, puis-je compter que mes cheveux seront remis à mes enfants?

Sanson resta muet.