—Vous me jetez du feu par les yeux, citoyen, reprit Dixmer. On va nous reconnaître et nous suivre.
—Oui, et tu crains d'être arrêté, n'est-ce pas? Tu crains d'être conduit à cet échafaud où tu envoies les autres? Qu'on nous arrête, tant mieux, car il me semble qu'il manque aujourd'hui un coupable à la justice nationale.
—Comme il manque un nom sur la liste des gens d'honneur, n'est-ce pas? depuis que votre nom en a disparu.
—C'est bien! nous reparlerons de tout cela, j'espère; mais, en attendant, vous vous êtes vengé, et misérablement vengé, sur une femme. Pourquoi, puisque vous m'attendiez quelque part, ne m'attendiez-vous pas chez moi le jour où vous m'avez volé Geneviève?
—Je croyais que le premier voleur, c'était vous.
—Allons, pas d'esprit, monsieur, je ne vous ai jamais connu; pas de mots, je vous sais plus fort sur l'action que sur la parole, témoin le jour où vous avez voulu m'assassiner: ce jour-là, le naturel parlait.
—Et je me suis fait plus d'une fois le reproche de ne l'avoir point écouté, répondit tranquillement Dixmer.
—Eh bien, dit Maurice en frappant sur son sabre, je vous offre une revanche.
—Demain, si vous voulez, pas aujourd'hui.
—Pourquoi demain?