—Citoyenne, dit-il à Geneviève, il faudra ôter le fichu et relever ou couper les cheveux, s'il vous plaît. Geneviève devint tremblante.
—Allons, mon amie, fit doucement Lorin, du courage!
—Puis-je relever moi-même les cheveux de madame? demanda Maurice.
—Oh! oui, s'écria Geneviève, lui! je vous en supplie, monsieur Sanson.
—Faites, dit le vieillard en détournant la tête. Maurice dénoua sa cravate tiède de la chaleur de son cou, Geneviève la baisa, et se mettant à genoux devant le jeune homme, lui présenta cette tête charmante, plus belle dans sa douleur qu'elle n'avait jamais été dans sa joie. Quand Maurice eut fini la funèbre opération, ses mains étaient si tremblantes, il y avait tant de douleur dans l'expression de son visage, que Geneviève s'écria:
—Oh! j'ai du courage, Maurice. Sanson se retourna.
—N'est-ce pas, monsieur, que j'ai du courage? dit-elle.
—Certainement, citoyenne, répondit l'exécuteur d'une voix émue, et un vrai courage.
Pendant ce temps, le premier aide avait parcouru le bordereau envoyé par Fouquier-Tinville.
—Quatorze, dit-il. Sanson compta les condamnés.