Geneviève ne disait pas un mot. Maurice était au supplice.
—C'est qu'en vérité, balbutia le jeune homme, je crains de vous gêner, citoyen.... Ce costume... ma mauvaise mine.... Geneviève le regarda timidement.
—Nous offrons de bon cœur, dit-elle.
—J'accepte, citoyenne, répondit Maurice en s'inclinant.
—Eh bien, je vais rassurer nos compagnons, dit le maître tanneur; chauffez-vous en attendant, cher ami. Il sortit. Maurice et Geneviève restèrent seuls.
—Ah! monsieur, dit la jeune femme avec un accent auquel elle essayait inutilement de donner le ton du reproche, vous avez manqué à votre parole, vous avez été indiscret.
—Quoi! madame, s'écria Maurice, vous aurais-je compromise? Ah! dans ce cas, pardonnez-moi; je me retire, et jamais...
—Dieu! s'écria-t-elle en se levant, vous êtes blessé à la poitrine! votre chemise est toute teinte de sang!
En effet, sur la chemise si fine et si blanche de Maurice, chemise qui faisait un étrange contraste avec ses habits grossiers, une large plaque de rouge s'était étendue et avait séché.
—Oh! n'ayez aucune inquiétude, madame, dit le jeune homme; un des contrebandiers m'a piqué avec son poignard. Geneviève pâlit, et lui prenant la main: