—La citoyenne me permet-elle aussi de revenir? demanda-t-il.
—Je fais plus que de le permettre, je vous en prie, dit vivement Geneviève. Adieu, citoyen. Et elle rentra chez elle.
Maurice prit congé de tous les convives, salua particulièrement Morand, qui lui avait beaucoup plu, serra la main de Dixmer, et partit étourdi, mais bien plus joyeux qu'attristé, de tous les événements si différents les uns des autres qui avaient agité sa soirée.
—Fâcheuse, fâcheuse rencontre! dit après la retraite de Maurice la jeune femme fondant en larmes en présence de son mari, qui l'avait reconduite chez elle.
—Bah! le citoyen Maurice Lindey, patriote reconnu, secrétaire d'une section, pur, adoré, populaire, est, au contraire, une bien précieuse acquisition pour un pauvre tanneur qui a chez lui de la marchandise de contrebande, répondit Dixmer en souriant.
—Ainsi, vous croyez, mon ami?... demanda timidement Geneviève.
—Je crois que c'est un brevet de patriotisme, un cachet d'absolution qu'il pose sur notre maison; et je pense qu'à partir de cette soirée, le chevalier de Maison-Rouge lui-même serait en sûreté chez nous.
Et Dixmer, baisant sa femme au front avec une affection bien plus paternelle que conjugale, la laissa dans ce petit pavillon qui lui était entièrement consacré, et repassa dans l'autre partie du bâtiment qu'il habitait, avec les convives que nous avons vus entourer sa table.