«Si le succès de votre affaire dépendait du suffrage de sept ou huit cents gentilshommes, j'ose vous assurer, madame, qu'il sera bientôt décidé en faveur de Votre Altesse Sérénissime. J'ai l'honneur de vous offrir de nouveau tout ce qui dépend de moi dans ces quartiers.

Comte d'Érée.»

—Eh bien! prince, s'écria madame du Maine, vous rendrez-vous enfin? Voyez, outre ces trois lettres, en voilà encore une de Lavauguyon, une de Bois-Davy, une de Fumée. Tenez, tenez, chevalier, voici notre main droite; c'est celle qui tiendra la plume; qu'elle vous soit un gage qu'au jour où sa signature sera une signature royale, elle n'aura rien à vous refuser.

—Merci, madame, dit d'Harmental en y posant respectueusement les lèvres, mais cette main m'a déjà donné plus que je ne mérite, et le succès lui-même me récompensera si grandement en mettant Votre Altesse à la place qu'elle doit occuper, que je n'aurai ce jour-là vraiment plus rien à désirer.

—Et maintenant, Valef, c'est votre tour, reprit la duchesse: nous vous avons gardé pour le dernier, parce que vous étiez le plus important. Si j'ai bien compris les signes que nous avons échangés pendant le dîner, vous n'êtes pas mécontent de Leurs Majestés Catholiques, n'est-ce pas?

—Que dirait Votre Altesse Sérénissime d'une lettre écrite de la main même de Sa Majesté Philippe?

—Ce que je dirais d'une lettre écrite de la main même de Sa Majesté! s'écria madame du Maine; je dirais que c'est plus que je n'ai jamais osé espérer.

—Prince, dit Valef en passant un papier à Cellamare vous connaissez l'écriture de Sa Majesté le roi Philippe V, assurez donc à Son Altesse Royale, qui n'ose pas le croire, que cette lettre est bien tout entière de sa main.

—Tout entière, dit Cellamare en inclinant la tête, tout entière, c'est la vérité.

—Et à qui est-elle adressée? dit madame du Maine en la prenant aux mains du prince.