—Pardon, monsieur le duc, reprit madame du Maine, qui avait perdu toute curiosité pour les aventures amoureuses de Richelieu du moment où ces aventures sortaient d'un certain monde, pardon, mais oserai-je vous rappeler que nous sommes rassemblés ici pour affaires sérieuses?
—Ah! oui, nous conspirons, n'est-ce pas?
—Vous l'aviez oublié?
—Ma foi! comme une conspiration n'est pas, vous en conviendrez, madame la duchesse du Maine, une chose des plus gaies, toutes les fois que je le peux, je l'avoue, j'oublie que je conspire; mais cela n'y fait rien. Toutes les fois aussi qu'il faut que je m'y remette, eh bien! je m'y remets. Voyons, madame la duchesse, où en sommes-nous de la conspiration?
—Tenez, duc, dit madame du Maine, prenez connaissance de ces lettres, et vous serez aussi avancé que nous.
—Oh! que Votre Altesse m'excuse, madame, dit Richelieu. Mais véritablement je ne lis pas même celles qui me sont adressées, et j'en ai sept ou huit cents des plus charmantes écritures du monde et que je garde pour le délassement de mes vieux jours. Tenez, Malezieux, vous qui êtes la lucidité même, faites-moi un rapport.
—Eh bien! monsieur le duc, dit Malezieux, ces lettres sont les engagements des seigneurs bretons de soutenir les droits de Son Altesse.
—Très bien!
—Ce papier, c'est la protestation de la noblesse.
—Oh! passez-moi ce papier. Je proteste.