—Mais vous ne savez pas contre quoi?
—N'importe, je proteste toujours. Et prenant le papier, il écrivit son nom après celui de Guillaume-Antoine de Chastellux, qui était le dernier signataire.
—Laissez faire, madame, dit Cellamare à la duchesse, le nom de Richelieu est bon à avoir, partout où il se trouve.
—Et cette lettre? demanda le duc, en indiquant la missive de Philippe V.
—Cette lettre, continua Malezieux, est une lettre de la main même du roi Philippe V.
—Et bien! Sa Majesté Catholique écrit encore plus mal que moi, dit Richelieu; cela me fait plaisir: Raffé qui dit toujours que c'est impossible!
—Si la lettre est d'une méchante écriture, les nouvelles qu'elle contient n'en sont pas moins bonnes, dit madame du Maine; car c'est une lettre qui prie le roi de France de réunir les états généraux pour s'opposer à l'exécution du traité de la quadruple alliance.
—Ah! ah! fit Richelieu: Et Votre Altesse est-elle sûre des états généraux?
—Voilà la protestation qui engage la noblesse. Le cardinal répond du clergé, et il ne reste plus que l'armée.
—L'armée, dit Laval, c'est mon affaire. J'ai le blanc-seing de vingt-deux colonels.