—J'en demande pardon à Votre Altesse, répondit Richelieu; mais c'est une chose absolument impossible, je suis attendu rue des Bons-Enfants.

—Comment! mais vous avez donc renoué avec madame de Sabran?

—Nous n'avons jamais rompu, madame, je vous prie de le croire.

—Mais, prenez-y garde, duc, c'est de la constance, cela.

—Non, madame, c'est du calcul.

—Allons, je vois que vous êtes en train de vous dévouer.

—Je ne fais jamais les choses à demi, madame la duchesse.

—Eh bien! Dieu nous aide! et nous prendrons exemple sur vous, monsieur le duc, nous vous le promettons. Allons, messieurs, continua la duchesse, il y a tantôt une heure et demie que nous sommes ici, et il serait temps, je crois, rentrer dans les jardins si nous ne voulons pas que l'on commente par trop notre absence. D'ailleurs, nous devons avoir sur le rivage une pauvre déesse de la Nuit qui nous attend pour nous remercier de la préférence que nous lui accordons sur le soleil, et il ne serait pas poli de la trop faire attendre.

—Avec la permission de Votre Altesse, madame, dit Laval, il faut cependant que je vous retienne encore un instant pour vous soumettre l'embarras où je me trouve.

—Parlez, comte, reprit la duchesse, de quoi s'agit-il?