[Chapitre 39]

Le lendemain, à sept heures du matin, Brigaud vint prendre d'Harmental, et trouva le jeune homme habillé et l'attendant. Tous deux s'enveloppèrent de leurs manteaux, rabattirent leurs chapeaux sur leurs yeux, et s'acheminèrent par la rue le Cléry, la place des Victoires et le jardin du Palais-Royal.

En approchant de la rue de l'Échelle, ils commencèrent à apercevoir un mouvement inaccoutumé, toutes les avenues des Tuileries étaient gardées par des détachements nombreux de chevau-légers et de mousquetaires et les curieux, exilés de la cour et du jardin des Tuileries se pressaient sur la place du Carrousel. D'Harmental et Brigaud se mêlèrent à la foule.

Arrivés à l'endroit où se trouve aujourd'hui l'arc de triomphe, ils furent accostés par un officier de mousquetaires gris enveloppé comme eux d'un grand manteau. C'était Valef.

—Eh bien! baron, demanda Brigaud, qu'y a-t-il de nouveau?

—Ah! c'est vous, l'abbé! dit Valef. Nous vous cherchions, Laval, Malezieux et moi. Je les quitte à l'instant même, et ils doivent être aux environs. Ne nous éloignons pas d'ici et ils ne tarderont pas à nous rejoindre.

Savez-vous quelque chose vous-même?

—Non, rien; je suis passé chez Malezieux, mais il était déjà sorti.

—Dites qu'il n'était pas encore rentré. Nous sommes restés toute la nuit à l'Arsenal.

—Et aucune démonstration hostile n'a été faite? demanda d'Harmental.