—Eh bien! le roi....
—Oui, comment a-t-il pris l'arrestation de son gouverneur?
—Ah! vous ne savez pas: il paraît qu'il y a un pacte entre le maréchal et monsieur de Fréjus, et que si l'on éloignait l'un de Sa Majesté, l'autre devait se retirer aussitôt. Hier, dans la matinée, monsieur de Fréjus a disparu.
—Et où est-il?
—Dieu le sait! De sorte que le roi, qui avait assez bien pris la perte de son maréchal, est inconsolable de celle de son évêque.
—Et par qui savez-vous tout cela?
—Par le duc de Richelieu, qui est venu hier, vers les deux heures, à Versailles pour faire sa cour au roi, et qui a trouvé Sa Majesté au désespoir, au milieu des porcelaines et des carreaux qu'elle avait cassés. Malheureusement vous connaissez Richelieu: au lieu de pousser le roi à la tristesse, il l'a fait rire en lui contant cinquante balivernes, et l'a presque consolé en cassant avec lui le reste de ses porcelaines et de ses carreaux.
En ce moment, un individu vêtu d'une longue robe d'avocat et coiffé d'un bonnet carré passa près du groupe que formaient Brigaud, d'Harmental et Valef en fredonnant le refrain d'une chanson faite sur le maréchal après la bataille de Ramillies, et qui était:
Villeroy, Villeroy,
A fort bien servi le roi...
Guillaume, Guillaume, Guillaume.
Brigaud se retourna, et sous ce déguisement crut reconnaître Pompadour. De son côté, l'avocat s'arrêta et s'approcha du groupe en question; l'abbé n'eut plus de doute: c'était bien le marquis.