—Monsieur, répondit modestement le valet, je me nomme Bourguignon, et voilà mon camarade Comtois, dont ce sera le tour de se dévouer demain, et qui, le moment venu ne restera pas en arrière. Allons, Comtois, mon ami, un filet de ce faisan et un verre de champagne. Ne voyez-vous pas que pour rassurer monsieur plus complètement, je dois goûter tous les mets et déguster tous les vins: c'est une rude tâche, je le sais bien; mais où serait le mérite d'être honnête homme si on ne s'imposait pas de temps en temps de pareils devoirs? À votre santé, monsieur Buvat.

—Dieu vous le rende! monsieur Bourguignon.

—Maintenant, Comtois, passez-moi le dessert, afin qu'il ne reste aucun doute à monsieur Buvat.

—Monsieur Bourguignon, je vous prie de croire que si j'en avais eu, ils seraient complètement dissipés.

—Non, monsieur, non, je vous en demande pardon; il vous en reste encore; Comtois, mon ami, maintenez le café chaud, très chaud. Je veux le boire exactement comme l'aurait bu monsieur, et je présume que c'est comme cela que monsieur l'aime.

—Bouillant, monsieur, répondit Buvat en s'inclinant; je le bois bouillant, parole d'honneur!

—Ah! dit Bourguignon en sirotant sa demi-tasse et en levant béatiquement les yeux au plafond. Vous avez bien raison, monsieur. Ce n'est que comme cela que le café est bon, froid, c'est une boisson fort médiocre. Celui-ci je dois le dire, est excellent. Comtois, mon ami, je vous fais mon compliment, et vous servez à ravir. Maintenant, aidez-moi à enlever la table. Vous devez savoir qu'il n'y a rien de désagréable comme l'odeur des vins et des mets pour ceux qui n'ont ni faim ni soif. Monsieur, continua Bourguignon en marchant à reculons vers la porte qu'il avait fermée avec soin pendant tout le repas et qu'il venait de rouvrir tandis que son compagnon poussait la table en avant; monsieur, si vous avez besoin de quelque chose, vous avez trois sonnettes: une à votre lit et deux à la cheminée. Celles de la cheminée sont pour nous, celle du lit pour le valet de chambre.

—Merci, monsieur, dit Buvat; vous êtes trop honnête. Je désire ne déranger personne.

—Ne vous gênez pas, monsieur, ne vous gênez pas; monseigneur désire que vous en usiez comme chez vous.

—Monseigneur est bien honnête.