—Ah! ma chère enfant, s'écria la duchesse, vous voulez parler de ce pauvre d'Harmental: oui, je le connais: c'est un gentilhomme, celui-là.
Vous le connaissez donc?
—Hélas! dit mademoiselle Delaunay, non seulement Bathilde le connaît, mais elle l'aime.
—Pauvre enfant! Mon Dieu! mais que faire? Moi vous comprenez bien, je ne puis rien, je n'ai aucun crédit. Tenter une démarche en sa faveur, c'est lui ôter son dernier espoir, s'il lui en reste un.
—Je le sais bien, madame, dit Bathilde; aussi je ne viens demander à Votre Altesse qu'une chose: c'est par quelqu'un de ses amis, par quelqu'une de ses connaissances, au moyen de ses anciennes relations, c'est de m'introduire auprès de monseigneur le régent. Le reste me regarde.
—Mais, mon enfant, savez-vous ce que vous me demandez là? dit la duchesse; savez-vous que le régent ne respecte rien? Savez-vous que vous êtes belle comme un ange, et que votre pâleur même vous va à ravir?
Savez-vous....
—Madame, dit Bathilde avec une dignité suprême, je sais que mon père lui a sauvé la vie et est mort à son service.
—Ah! ceci, c'est autre chose, dit la duchesse. Attendez; voyons, comment faire? Oui, c'est cela. Delaunay appelle Malezieux.
Mademoiselle Delaunay obéit, et un instant après le fidèle chancelier entra.