—Mais vous, pauvre enfant, vous, pauvre orpheline, qu'êtes-vous devenue alors?
—Moi, monseigneur, j'ai été recueillie par un ami de notre famille, par un pauvre écrivain nommé Jean Buvat.
—Jean Buvat! s'écria le régent; mais attendez donc! je connais ce nom-là, moi. Jean Buvat! mais c'est ce pauvre diable de copiste qui a découvert toute la conspiration et qui m'a fait il y a quelques jours ses réclamations en personne.... Une place à la Bibliothèque, n'est-ce pas? un arriéré dû?
—C'est cela même, monseigneur.
—Mademoiselle, reprit le régent, il paraît que tout ce qui vous entoure est destiné à me sauver. Me voilà deux fois votre débiteur. Vous m'avez dit que vous aviez une grâce à me demander; parlez donc hardiment, je vous écoute.
—Ô mon Dieu! dit Bathilde, donnez-moi la force!
—C'est donc une chose bien importante et bien difficile que celle que vous souhaitez!
—Monseigneur, dit Bathilde, c'est la vie d'un homme qui a mérité la mort.
—S'agirait-il du chevalier d'Harmental? demanda le régent.
—Hélas! monseigneur, c'est Votre Altesse qui l'a dit.