—Pourquoi donc, monseigneur?

—Parce qu'aujourd'hui même, il y a une heure, on m'a demandé votre main, et que je l'ai promise.

—Ma main, monseigneur? vous avez promis ma main? et à qui donc, mon Dieu!

—Lisez, dit le régent en prenant une lettre sur son bureau et en la présentant tout ouverte à la jeune fille.

—Raoul! s'écria Bathilde; l'écriture de Raoul! Ô mon Dieu! Qu'est-ce que cela veut dire?

—Lisez, reprit le régent.

Et Bathilde, d'une voix altérée, lut la lettre suivante:

«Monseigneur,

J'ai mérité la mort, je le sais, et ne viens point vous demander la vie. Je suis prêt à mourir au jour fixé, à l'heure dite; mais il dépend de Votre Altesse de me rendre cette mort plus douce, et je viens la supplier à genoux de m'accorder cette faveur.

J'aime une jeune fille que j'eusse épousée si j'eusse vécu. Permettez qu'elle soit ma femme quand je vais mourir. Au moment où je la quitte pour toujours, où je la laisse seule et isolée au milieu du monde, que j'aie au moins la consolation de lui laisser pour sauvegarde mon nom et ma fortune.