—À lui, à moi, à nous tous, chevalier, car chacun, en pareille circonstance, doit se taxer selon ses moyens. J'ai peu d'argent comptant, mais j'ai force diamants et perles; ainsi ne vous laissez manquer de rien, je vous prie. Tout le monde n'a pas votre désintéressement, et il y a des dévouements qui ne s'achètent qu'à prix d'or.
Mais enfin, monsieur, avez-vous bien songé dans quelle entreprise vous vous jetez? Si vous étiez pris!
—Que Votre Éminence se rassure, répondit dédaigneusement d'Harmental, j'ai assez à me plaindre de monsieur le régent pour que l'on croie, si je suis pris, que c'est une affaire entre lui et moi, et que ma vengeance est toute personnelle.
—Mais enfin, dit le comte de Laval, il faudrait une espèce de lieutenant dans cette entreprise, un homme sur lequel vous puissiez compter. Avez vous quelqu'un?
—Je crois que oui, répondit d'Harmental. Seulement il faudrait que je fusse prévenu chaque matin de ce que le régent fera chaque soir. Monsieur le prince de Cellamare, comme ambassadeur, doit avoir sa police secrète.
—Oui, dit le prince embarrassé; j'ai quelques personnes qui me rendent compte....
—C'est justement cela, dit d'Harmental.
—Mais où logez-vous? demanda le cardinal.
—Chez moi, monseigneur, répondit d'Harmental, rue Richelieu, n° 74.
—Et combien y a-t-il de temps que vous y demeurez?