Grand saint Roch, notre unique bien,
Écoutez un peuple chrétien
Accablé de malheurs, menacé de la peste;
Nous ne craindrons rien de funeste.
Venez nous secourir, soyez notre soutien.
Détournez de sur nous la colère céleste.
Mais n'amenez pas votre chien,
Nous n'avons pas de pain de reste.
Quatre ou cinq voix de femmes reprirent en chœur:
Mais n'amenez pas votre chien,
Nous n'avons pas de pain de reste.
—C'est mieux, dit le capitaine, c'est mieux; passons maintenant à la bataille de Malplaquet.
—Oh! nenni, dit une voix. Votre bataille, j'en ai assez!
—Comment, tu as assez de ma bataille! une bataille où je me suis trouvé en personne, morbleu!
—Oh! ça m'est bien égal! j'aime mieux une romance que toutes vos méchantes chansons de guerre, pleines de jurons qui offensent le bon Dieu!
Et elle se mit à chanter.
Linval aimait Arsène...
Il ne put l'oublier.
—Silence! dit le capitaine. Est-ce que je ne suis plus le maître ici? Tant que j'aurai de l'argent, je yeux qu'on m'amuse à ma manière. Quand je n'aurai plus le sou, ce sera autre chose: vous me chanterez vos guenilles de complaintes, et je n'aurai plus rien à dire.
Il paraît que les convives du capitaine trouvèrent qu'il n'était pas de la dignité de leur sexe de souscrire aveuglément à une pareille prétention, car il se fit une telle rumeur que d'Harmental jugea qu'il était temps de mettre le holà; en conséquence, il frappa à la porte.
—Tournez la bobinette, dit le capitaine, et la chevillette cherra.