—On paiera bien, dit l'aînée des Allemandes.

—On paiera, répéta en français l'officier au cocher.

—Et combien paiera-t-on? fit celui-ci du haut de son siège, car il ne paraissait pas avoir une énorme confiance. Ce n'est pas le tout, voyez-vous, mon officier, d'aller à Versailles: une fois qu'on y est allé, il faut en revenir.

—Un louis, est-ce assez? dit la plus jeune des deux dames à l'officier, en continuant de germaniser.

—On t'offre un louis, répéta le jeune homme.

—Un louis, c'est bien juste, grommela le cocher, car je risque de casser les jambes à mes chevaux.

—Drôle! s'écria l'officier, tu n'as droit qu'à trois livres pour aller d'ici au château de la Muette, qui est à moitié chemin. Tu vois bien qu'à ce calcul-là, en te payant l'aller et le retour, tu n'as droit qu'à douze livres, et, au lieu de douze, tu vas en recevoir vingt-quatre.

—Oh! ne marchandez pas, dit l'aînée des deux dames. Deux louis, trois louis, vingt louis, pourvu qu'il parte à l'instant même et qu'il marche sans s'arrêter.

—Un louis suffit, madame, répondit l'officier.

Puis, revenant au cocher: