—Pour négocier un emprunt.

—Oh! s'écria la reine en riant, voilà que vous me gâtez votre belle action.

—Ma sœur, dit le comte d'Artois d'un air grave, vous devez avoir besoin d'argent; foi de fils de France! je mets à votre disposition la moitié de la somme que je toucherai.

—Oh! mon frère! s'écria Marie-Antoinette, gardez, gardez; Dieu merci! je n'ai besoin de rien en ce moment.

—Diable! n'attendez pas trop longtemps pour réclamer ma promesse, chère sœur.

—Pourquoi cela?

—Parce que je pourrais bien, si vous attendiez trop longtemps, n'être plus en mesure de la tenir.

—Eh bien! en ce cas, je m'arrangerai aussi, moi, de façon à découvrir quelque secret d'État.

—Ma sœur, vous prenez froid, dit le prince, vos joues bleuissent, je vous en préviens.

—Voici M. de Taverney qui revient avec mon traîneau.