—Expliquez-vous.

—C'est bien facile. Vous avez usé de mon procédé pour vous-même.

—Comment cela?

—Vous avez pris de mon élixir.

—Moi?

—Vous-même, comtesse. Oh! vous ne l'avez pas oublié.

—Oh! par exemple!

—Comtesse, vous souvient-il d'une maison de la rue Saint-Claude? vous souvient-il d'être venue dans cette maison pour certaine affaire concernant M. de Sartine? vous souvient-il d'avoir rendu un service à l'un de mes amis nommé Joseph Balsamo? vous souvient-il que Joseph Balsamo vous fit présent d'un flacon d'élixir en vous recommandant d'en prendre trois gouttes tous les matins? vous souvient-il d'avoir suivi l'ordonnance jusqu'à l'an dernier, époque à laquelle le flacon s'était trouvé épuisé? Si vous ne vous souveniez plus de tout cela, comtesse, en vérité, ce ne serait plus un oubli, ce serait de l'ingratitude.

—Oh! monsieur de Cagliostro, vous me dites là des choses...

—Qui ne sont connues que de vous seule, je le sais bien. Mais où serait le mérite d'être sorcier, si l'on ne savait pas les secrets de son prochain?