C'était le passage de la conversation qu'avait saisi l'inconnu au moment de son départ.
Une explication commencée de la sorte amène vite, disons-nous, un dénouement; toutefois, un dénouement, si bon qu'il soit à présenter, a besoin, pour être dramatique, d'une foule de préparations.
Oliva répondit au soufflet de Beausire par un projectile lourd et dangereux: une cruche de faïence; Beausire riposta au projectile par le moulinet d'une canne, qui brisa plusieurs tasses, écorna une bougie et finit par rencontrer l'épaule de la jeune femme.
Celle-ci, furieuse, bondit sur Beausire et l'étreignit au gosier. Force fut au malheureux Beausire de saisir ce qu'il put trouver de la menaçante Oliva.
Il déchira une robe. Oliva, sensible à cet affront et à cette perte, lâcha prise et envoya Beausire rouler au milieu de la chambre. Il se releva écumant.
Mais comme la valeur d'un ennemi se mesure sur la défense, et que la défense se fait toujours respecter, même du vainqueur, Beausire, qui avait conçu beaucoup de respect pour Oliva, reprit la conversation verbale où il l'avait laissée.
—Vous êtes, dit-il, une méchante créature; vous me ruinez.
—C'est vous qui me ruinez, dit Oliva.
—Oh! je la ruine. Elle n'a rien.
—Dites que je n'ai plus rien. Dites que vous avez vendu et mangé, bu ou joué tout ce que j'avais.