—Il va faire le discret après avoir fait l'indiscret.

Et le Portugais haussa les épaules.

—Je vous vois à regret prendre un ton qui me déplaît, dit Beausire, avec l'accent d'un coq qui monte sur ses éperons.

Mira! mira![5] dit le Portugais froid comme un marbre, vous direz après ce que vous direz, je dis avant ce que j'ai à dire, et le temps presse, car vous devez savoir que l'ambassadeur arrive dans huit jours au plus tard.

«Cela se complique, pensa l'assemblée palpitante d'intérêt: le collier, les quinze cent mille livres, un ambassadeur... qu'est-ce cela?»

—En deux mots, voici, fit le Portugais. MM. Bœhmer et Bossange ont fait offrir à la reine un collier de diamants qui vaut quinze cent mille livres. La reine a refusé. Les joailliers ne savent qu'en faire et le cachent. Ils sont bien embarrassés, car ce collier ne peut être acheté que par une fortune royale; eh bien! j'ai trouvé la personne royale qui achètera ce collier et le fera sortir du coffre-fort de MM. Bœhmer et Bossange.

—C'est?... dirent les associés.

—C'est ma gracieuse souveraine, la reine de Portugal.

Et le Portugais se rengorgea.

—Nous comprenons moins que jamais, dirent les associés.