«Moi, je ne comprends plus du tout», pensa Beausire.

—Expliquez-vous nettement, cher monsieur Manoël, dit-il, car les dissentiments particuliers doivent céder devant l'intérêt public. Vous êtes le père de l'idée, je le reconnais franchement. Je renonce à tout droit de paternité; mais, pour l'amour de Dieu! soyez clair.

—À la bonne heure, fit Manoël, en avalant une deuxième jatte d'orgeat. Je vais rendre cette question limpide.

—Nous sommes déjà certains qu'il existe un collier de quinze cent mille livres, dit le banquier. Voilà un point important.

—Et ce collier est dans le coffre de MM. Bœhmer et Bossange. Voilà le second point, dit Beausire.

—Mais don Manoël a dit que Sa Majesté la reine du Portugal achetait le collier. Voilà qui nous déroute.

—Rien de plus clair pourtant, dit le Portugais. Il ne s'agit que de faire attention à mes paroles. L'ambassade est vacante. Il y a intérim; l'ambassadeur nouveau, M. de Souza, n'arrive que dans huit jours au plus tôt.

—Bon! dit Beausire.

—En huit jours, qui empêche que cet ambassadeur pressé de voir Paris n'arrive et ne s'installe?

Les assistants s'entre-regardèrent bouche béante.