—C'est précisément parce que j'en veux trouver que je soulève des difficultés, répliqua Beausire. Et tenez, tenez, je les trouve.

Toutes les têtes se rapprochèrent dans un même cercle.

—Dans toute chancellerie, il y a une caisse.

—Oui, une caisse et un crédit.

—Ne parlons pas du crédit, reprit Beausire, car rien n'est si cher à se procurer. Pour avoir du crédit, il nous faudrait des chevaux, des équipages, des valets, des meubles, un attirail, qui sont la base de tout crédit possible. Parlons de la caisse. Que pensez-vous de celle de votre ambassade?

—J'ai toujours regardé ma souveraine, Sa Majesté Très Fidèle, comme une magnifique reine. Elle doit avoir bien fait les choses.

—C'est ce que nous verrons; et puis admettons qu'il n'y ait rien dans la caisse.

—C'est possible, firent en souriant les associés.

—Alors, plus d'embarras, car aussitôt, nous, ambassadeurs, nous demandons à messieurs Bœhmer et Bossange quel est leur correspondant à Lisbonne, et nous leur signons, nous leur estampillons, nous leur scellons des lettres de change sur ce correspondant pour la somme demandée.

—Ah! voilà qui est bien, dit don Manoël majestueusement, préoccupé de l'invention, je n'avais pas descendu aux détails.