Charny baissa sa canne.
—Monsieur Philippe, dit-il, prêtez votre épée à ce coquin, je vous prie.
—Oh! point de cela, je ne prête point une épée honnête à ce drôle; voici ma canne, si vous n'avez point assez de la vôtre. Mais je ne puis consciencieusement faire autre chose pour lui et pour vous.
—Corbleu! une canne, dit Réteau exaspéré; savez-vous, monsieur, que je suis gentilhomme?
—Alors, prêtez-moi votre épée, à moi, dit Charny en jetant la sienne aux pieds du gazetier, j'en serai quitte pour ne plus toucher à celle-ci.
Et il jeta la sienne aux pieds de Réteau pâlissant.
Philippe n'avait plus d'objection à faire. Il tira son épée du fourreau et la passa à travers la grille à Charny.
Charny la prit en saluant.
—Ah! tu es gentilhomme, dit-il en se retournant du côté de Réteau, tu es gentilhomme et tu écris sur la reine de France de pareilles infamies!... Eh bien! ramasse cette épée et prouve que tu es gentilhomme.
Mais Réteau ne bougea point; on eût dit qu'il avait aussi peur de l'épée qui était à ses pieds que de la canne qui, un instant, avait été au-dessus de sa tête.