—Eh bien! maintenant, rendez-moi mon épée qui vous a été inutile, et ouvrez-moi, je vous prie.
—Monsieur! monsieur! implora Réteau qui voyait un défenseur dans l'homme qui avait terminé ses comptes avec lui.
—Vous comprenez que je ne puis laisser Monsieur à la porte, dit Charny; je vais donc lui ouvrir.
—Oh! c'est un meurtre! cria Réteau; voyons, tuez-moi tout de suite d'un coup d'épée, et que ce soit fini.
—Oh! maintenant, dit Charny, rassurez-vous, je crois que monsieur ne vous touchera même pas.
—Et vous avez raison, dit avec un souverain mépris Philippe qui venait d'entrer. Je n'ai garde. Vous avez été roué, c'est bien, et, comme dit l'axiome légal: Non bis in idem. Mais il reste des numéros de l'édition, et ces numéros, il est important de les détruire.
—Ah! très bien! dit Charny; voyez-vous que mieux vaut être deux qu'un seul; j'eusse peut-être oublié cela; mais par quel hasard étiez-vous donc à cette porte, monsieur de Taverney?
—Voici, dit Philippe. Je me suis fait instruire dans le quartier des mœurs de ce coquin. J'ai appris qu'il avait l'habitude de fuir quand on lui serrait le bouton. Alors je me suis enquis de ses moyens de fuite, et j'ai pensé qu'en me présentant par la porte dérobée au lieu de me présenter par la porte ordinaire, et qu'en refermant cette porte derrière moi, je prendrais mon renard dans son terrier. La même idée de vengeance vous était venue: seulement, plus pressé que moi, vous avez pris des informations moins complètes; vous êtes entré par la porte de tout le monde, et il allait vous échapper, quand heureusement vous m'avez trouvé là.
—Et je m'en réjouis! Venez, monsieur de Taverney... Ce drôle va nous conduire à sa presse.
—Mais ma presse n'est pas ici, dit Réteau.