—Monsieur, dit alors le marquis de Favras en s'allongeant sur la table, comme pour aller au-devant de Cagliostro, voilà un naufrage, un coup de feu et un empoisonnement qui me font venir l'eau à la bouche. Est-ce que vous ne me ferez pas la grâce de me prédire, à moi aussi, quelque petit trépas du même genre?

—Oh! monsieur le marquis, dit Cagliostro commençant à s'animer sous l'ironie, vous auriez vainement tort de jalouser ces messieurs, car, sur ma foi de gentilhomme, vous aurez mieux.

—Mieux! s'écria M. de Favras en riant; prenez garde, c'est vous engager beaucoup: mieux que la mer, le feu et le poison; c'est difficile.

—Il reste la corde, monsieur le marquis, dit gracieusement Cagliostro.

—La corde... oh! oh! que me dites-vous là?

—Je vous dis que vous serez pendu, répondit Cagliostro avec une espèce de rage prophétique dont il n'était plus le maître.

—Pendu! répéta l'assemblée; diable!

—Monsieur oublie que je suis gentilhomme, dit Favras, un peu refroidi; et s'il veut, par hasard, parler d'un suicide, je le préviens que je compte me respecter assez jusqu'au dernier moment pour ne pas me servir d'une corde tant que j'aurai une épée.

—Je ne vous parle pas d'un suicide, monsieur.

—Alors vous parlez d'un supplice.