En disant ces mots, il avait conduit Oliva jusqu'à la grille de la rue d'Enfer. Le carrosse s'était rapproché, avait reçu le couple et conduit Cagliostro et Oliva dans la rue Dauphine, à l'endroit où Beausire les avait aperçus tous deux.

Certes, s'il eût crié à ce moment, s'il eût suivi la voiture, Oliva eût out fait pour se rapprocher de lui, pour le sauver, poursuivi, ou se sauver avec lui, libre.

Mais Cagliostro vit ce malheureux, détourna l'attention d'Oliva en lui montrant la foule qui déjà s'attroupait par curiosité autour du guet.

Du moment où Oliva eut distingué les soldats de la police et sa maison envahie, elle se jeta dans les bras de son protecteur avec un désespoir qui eût attendri tout autre homme que cet homme de fer.

Lui se contenta de serrer la main de la jeune femme et de la cacher elle-même en abaissant le store.

—Sauvez-moi! sauvez-moi! répétait pendant ce temps la pauvre fille.

—Je vous le promets, dit-il.

—Mais puisque vous dites que ces hommes de police savent tout, ils me trouveront toujours.

—Non pas, non pas; à l'endroit où vous serez, nul ne vous découvrira; car si l'on vient vous prendre chez vous, on ne viendra pas vous prendre chez moi.

—Oh! fit-elle avec effroi, chez vous... nous allons chez vous?