—Eh bien, nous, madame la comtesse, nous sommes les dames supérieures d'une fondation de Bonnes-Œuvres. On nous a dit, touchant votre condition, des choses qui nous ont intéressées, et nous avons en conséquence voulu avoir quelques détails précis sur vous et sur ce qui vous concerne.
Jeanne attendit un instant avant de répondre.
—Mesdames, dit-elle en remarquant la réserve de la seconde visiteuse, vous voyez là le portrait de Henri III, c'est-à-dire du frère de mon aïeul, car je suis bien véritablement du sang des Valois, comme on vous l'a dit sans doute.
Et elle attendit une nouvelle question en regardant ses hôtesses avec une sorte d'humilité orgueilleuse.
—Madame, interrompit alors la voix grave et douce de l'aînée des deux dames, est-il vrai, comme on le dit, que Mme votre mère ait été concierge d'une maison nommée Fontette, sise auprès de Bar-sur-Seine?
Jeanne rougit à ce souvenir, mais aussitôt:
—C'est la vérité, madame, répliqua-t-elle sans se troubler, ma mère était la concierge d'une maison nommée Fontette.
—Ah! fit l'interlocutrice.
—Et, comme Marie Jossel, ma mère, était d'une rare beauté, poursuivit Jeanne, mon père devint amoureux d'elle et l'épousa. C'est par mon père que je suis de race noble. Madame, mon père était un Saint-Rémy de Valois, descendant direct des Valois qui ont régné.
—Mais comment êtes-vous descendue à ce degré de misère, madame? demanda la même dame qui avait déjà questionné.