—Allons! s'écria Oliva, voici que vous êtes dépité contre moi, et que vous allez aussi m'abandonner. Je vous gêne peut-être?

—Moi? vous êtes folle? Pourquoi me gêneriez-vous? dit-il d'un sérieux de glace.

—Parce que... un homme qui a du goût pour une femme, un homme aussi considérable que vous, un seigneur aussi beau que vous l'êtes, a le droit de s'irriter, de se dégoûter même, si une folle comme moi le rebute. Oh! ne me quittez pas, ne me perdez pas, ne me prenez pas en haine, monsieur!

Et la jeune femme, aussi effrayée qu'elle avait été coquette, vint passer son bras autour du cou de Cagliostro.

—Pauvre petite! dit celui-ci en déposant un chaste baiser sur le front d'Oliva; comme elle a peur. N'ayez pas de moi si méchante opinion, ma fille. Vous couriez un danger, je vous ai rendu service; j'avais des idées sur vous, j'en suis revenu, mais voilà tout. Je n'ai pas plus de haine à vous témoigner que vous n'avez de reconnaissance à m'offrir. J'ai agi pour moi, vous avez agi pour vous, nous sommes quittes.

—Oh! monsieur, que de bonté, quelle généreuse personne vous faites!

Et Oliva mit deux bras au lieu d'un sur les épaules de Cagliostro.

Mais celui-ci la regardant avec sa tranquillité habituelle:

—Vous voyez bien, Oliva, dit-il, maintenant vous m'offririez votre amour, je....

—Eh bien! fit-elle toute rouge.