Oliva, au lieu de s'effrayer, reconnut vite le portrait de sa voisine, elle lui sut un gré infini de sa prévenance, et bien résolue de l'en remercier par tous les moyens en son pouvoir, elle dissimula au comte.
—Vous ne tremblez pas? dit Cagliostro.
—Personne ne m'a vue, répliqua Nicole.
—Alors ce n'est pas vous qu'on voulait voir?
—Je ne le pense pas.
—Cependant, pour deviner qu'il y a une femme dans ce pavillon.... Ah! prenez garde, prenez garde.
—Eh! monsieur le comte, dit Oliva, comment pourrais-je craindre? Si l'on m'a vue, ce que je ne crois pas, on ne me verra plus, et si l'on me revoyait, ce serait de loin, car la maison est impénétrable, n'est-ce pas?
—Impénétrable, c'est le mot, répondit le comte, car à moins d'escalader la muraille, ce qui n'est pas aisé, ou bien d'ouvrir la petite porte d'entrée avec une clef comme la mienne, ce qui n'est pas très facile, attendu que je ne la quitte pas....
En disant ces mots, il montrait la clef qui lui servait à entrer par la porte basse.
—Or, continua-t-il, comme je n'ai pas d'intérêt à vous perdre, je ne prêterai la clef à personne; et comme vous n'auriez aucun bénéfice à tomber aux mains de monsieur de Crosne, vous ne laisserez pas escalader votre muraille. Ainsi, chère enfant, vous êtes prévenue, arrangez vos affaires comme il vous plaira.