Oliva se répandit en protestations de tout genre, et se hâta d'éconduire le comte, qui n'insista pas trop pour demeurer.
Le lendemain, dès six heures du matin, elle était à son balcon, humant l'air pur des coteaux voisins, et dardant un œil curieux sur les fenêtres closes de sa courtoise amie.
Celle-ci, d'ordinaire éveillée à peine vers les onze heures, se montra dès qu'Oliva parut. On eût dit qu'elle-même guettait derrière les rideaux l'occasion de se faire voir.
Les deux femmes se saluèrent, et Jeanne, s'avançant hors de la fenêtre, regarda partout si quelqu'un pouvait l'entendre.
Nul ne parut. Non seulement la rue, mais les fenêtres des maisons étaient désertes.
Elle mit alors ses deux mains sur sa bouche en guise de porte-voix, et, de cette intonation vibrante et soutenue qui n'est pas un cri, mais qui porte plus loin que l'éclat de la voix, elle dit à Oliva:
—J'ai voulu vous rendre visite, madame.
—Chut! fit Oliva en se reculant avec effroi.
Et elle appliqua un doigt sur ses lèvres.
Jeanne, à son tour, fit le plongeon derrière ses rideaux, croyant à la présence de quelque indiscret; mais presque aussitôt elle reparut, rassurée par le sourire de Nicole.