—Quoi?

—Il paraît qu'enivré, étourdi, éperdu, il s'est vanté d'avoir obtenu de la reine une preuve irrécusable d'amour partagé. Ce pauvre diable est fou, décidément.

—Mon Dieu! mon Dieu! murmura Oliva.

—Il est fou, d'abord parce qu'il ment, n'est-ce pas? dit Jeanne.

—Certes... balbutia Oliva.

—Vous n'eussiez pas, ma chère petite, voulu vous exposer à un danger aussi terrible sans me le dire.

Oliva frissonna de la tête aux pieds.

—Quelle apparence, continua la terrible amie, que vous, qui aimez monsieur Beausire, et qui m'avez pour compagne; que vous, qui êtes courtisée par monsieur le comte de Cagliostro, et qui refusez ses soins, vous ayez été, par caprice, donner à ce fou le droit... de... dire?... Non, il a perdu la tête, je n'en démords pas.

—Enfin, s'écria Nicole, quel danger? Voyons!

—Le voici. Nous avons affaire à un fou, c'est-à-dire à un homme qui ne craint rien et qui ne ménage rien. Tant qu'il ne s'agissait que d'une rose donnée, que d'une main baisée, rien à dire; une reine a des roses dans son parc, elle a des mains à la disposition de tous ses sujets; mais, s'il était vrai qu'à la troisième entrevue.... Ah! ma chère enfant, je ne ris plus depuis que j'ai cette idée-là.