—Oh! madame!
—Je ne vous demande rien, Andrée.... Maudit soit le cloître qui éteint si vite le souvenir en de certains cœurs.
—N'accusez pas mon cœur, dit vivement Andrée, il est mort.
—Votre cœur est mort! Vous, Andrée, jeune, belle, vous dites que votre cœur est mort! Ah! ne jouez donc pas avec ces mots funèbres. Le cœur n'est pas mort chez qui conserve ce sourire, cette beauté; ne dites pas cela, Andrée.
—Je vous le répète, madame, rien à la cour, rien au monde n'est plus pour moi. Ici, je vis comme l'herbe et la plante; j'ai des joies que je comprends seule; voilà pourquoi tout à l'heure, en vous retrouvant, splendide et souveraine, je n'ai pas compris de suite, moi, la timide et obscure religieuse; mes yeux se sont fermés éblouis par votre éclat; je vous supplie de me pardonner: ce n'est pas un crime bien grand que cet oubli des glorieuses vanités du monde; mon confesseur m'en félicite chaque jour, madame; ne soyez pas, je vous en supplie, plus sévère que lui.
—Quoi! vous vous plaisez au couvent? dit la reine.
—J'embrasse avec bonheur la vie solitaire.
—Rien ne reste plus là qui vous recommande les joies du monde?
—Rien.
«Mon Dieu! pensa la reine inquiète, est-ce que j'échouerais?»